Alpha-bloquant pour soulager la colique néphrétique

 

 Un apha-bloquant (antagonistes sélectifs des récepteurs alpha 1A) comme le Tamsulosine (Josir®, Omix®) fait partie intégrante depuis de nombreuse années du traitement médical d’expulsion des calculs rénaux lors des coliques néphrétiques douloureuses (MET : medical expulsion therapy).

Il est habituellement donné aux patients ayant une colique néphrétique pour faciliter le passage des pierres bloqués dans l’uretère. Le médicament relâche les muscles lisses de l’uretère et devrait faire passer un calcul rénal plus facilement vers la vessie et donc soulager le patient de sa crise de colique néphrétique et estomper les douleurs.

Seulement voilà, une nouvelle étude (à contre courant de beaucoup d’autres, voir 2ème paragraphe) montre que le médicament serait inefficace, selon un essai clinique randomisé de la JAMA Internal Medicine [1].

L’étude de 2018 en deux phases a inclus 512 adultes venu aux urgences pour une colique néphrétique avec des calculs bloqués dans l’urètre. Tous les patients avaient un calcul bloqué mesurant moins de 9 mm de diamètre. Les trois quarts des patients étaient des hommes et l’âge moyen était de 40.6 ans.

Les patients ont été assignés à 28 jours de traitement de la colique néphrétique avec du tamsulosine, 0.4 mg, ou le placebo. Le résultat principal attendu était le passage du calcul pendant ces 28 jours, déterminés par la visualisation du patient ou la capture de la pierre.

Parmi les 497 patients évalués, il n’y avait aucune différence significative dans les taux de passage des calculs : 50 % avec tamsulosine et 47 % avec le placebo. Les deux groupes étaient aussi semblables du point de vue des résultats secondaires, en incluant le temps au passage du calcul, le nombre d’hospitalisation, la chirurgie ou les consultations répétés.

L’analyse exploratrice n’a montré aucun avantage de tamsulosin dans les sous-groupes de patients selon l’endroit du blocage du calcul rénal et la taille de la pierre.

Tamsulosin est largement utilisé dans le traitement de la colique néphrétique pour les patients venu consulter aux urgences. Certaines études suggèrent que ce traitement est efficace principalement pour de plus grandes pierres, arguant que le taux élevé de passage spontané pour de plus petites pierres aurait biaiser l’étude.

Cet essai clinique randomisé conclue qu’aucune augmentation du taux de passage des calculs rénaux avec le tamsulosin prescrit aux patients aux urgences avec un calcul urétéral symptomatiques plus petit que 9 mm. Les chercheurs concluent :

Bien que le tamsulosine puisse jouer toujours un rôle dans la thérapie expulsée médicale pour de plus grandes pierres, les directives qui recommandent le tamsulosine pour les pierres urétéraux aurait besoin d’être révisées.

Surtout que le médicament, comme pour d’autres, n’est pas dépourvu d’effets secondaires : étourdissements, maux de têtes, palpitations, hypotension orthostatique, nez bouché et écoulement nasal, diarrhées, nausées et vomissements, constipations, asthénie, éruptions et prurit, trouble de l’éjaculation.

Le tamsulosine peut parfois donner des hypotensions sévères, nécessitant une hospitalisation. Faites attention si vous prenez un traitement anti-hypertension.

Les alpha-bloquants efficaces pour soulager une colique néphrétique

Par ailleurs, dans beaucoup d’autres études, les alpha-bloquants sont sortis victorieux après une colique néphrétique.

Dans une étude de 100 patients avec des calculs rénaux de moins de 10 mm bloqués dans l’uretère, 82% du groupe qui a pris un alpha-bloquant ont évacué leur calcul rénal en moins de 4 semaines contre 61% pour le groupe placebo [2].

Dans une autre étude sur 150 patients avec des pierres de 4-10 mm dans l’uretère, le tamsulosine a accéléré le passage des calculs tout en diminuant le recours aux antidouleurs [3].

Une étude bibliographique, qui regarde les études faites à ce sujet a conclu : « Malgré tous ses avantages, MET (medical expulsion therapy) n’est que rarement utilisé. Il y a bien un échec de translation des soins de la théorie à la pratique au milieu hospitalier. Notre étude relève la problématique de la qualité des soins des patients qui pourrait soulager leur colique néphrétique sans antidouleur et sans chirurgie » [4].

Une autre remarque de cette étude est que le tamsulosine et nifedipine avait un taux de succès identique mais uniquement pour les pierres au dessus de 5 mm. Tous les calculs de moins 4 ou 5 mm passait spontanément avec ou sans médicament [4].

Trois autres études poursuivent le même schéma : les alpha-bloquants augmentent l’expulsion et diminuent le temps d’attente avant expulsion. [5,6,7]

Enfin une recherche portant sur 32 études comprenant 5864 participants a trouvé qu’en utilisant des alpha-bloquants, les patients ayant des calculs bloqués dans l’uretère évacuaient plus vite leur calcul avec moins d’épisodes douloureux, moins d’antidouleur et d’hospitalisation. Pour conclure que les alpha-bloquants devraient faire partie intégrante du traitement médical d’expulsion des calculs rénaux lors des coliques néphrétiques douloureuses (MET : medical expulsion therapy) [8].

NB : les alpha-bloquants sont utilisés pour faciliter le passage d’un calcul bloqué dans l’uretère lors d’une colique nephretique. Ils seront inefficaces pour évacuer un calcul résidant dans les calices du rein. Ils ne provoquent pas une sortie, ils la facilitent.

 

Pour votre santé, 
Stéphane Holistique

 

Sources : 
[1] Meltzer AC, et al. Effect of Tamsulosin on Passage of Symptomatic Ureteral Stones: A randomized clinical trial. JAMA Intern Med 2018; 178: 1051–1057

[2] Efficacy of tamsulosin in the management of lower ureteral stones: a randomized double-blind placebo-controlled study of 100 patients. 

[3] Tamsulosin to treat uncomplicated distal ureteral calculi: a double blind randomized placebo-controlled trial

[4] Management of ureteral calculi and medical expulsive therapy in emergency departments

[5] A systematic review of medical therapy to facilitate passage of ureteral calculi

[6] Pharmacologic expulsive treatment of ureteral calculi

[7] Medical therapy to facilitate the passage of stones: what is the evidence?

[8] Alpha-blockers as medical expulsive therapy for ureteral stones

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APRT cause de calcul renal et de colique nephretique

 

Le déficit en adénine phosphoribosyltransferase (APRT) est une maladie génétique rare qui provoque souvent des calculs rénaux et certains cas une insuffisance rénale.

Les personnes atteintes ont un déficit de l’enzyme adénine phosphoribosyltransferase et ont donc des difficultés à décomposer les purines (venant de protéines alimentaires ou de déchets de notre propre corps). Le résultat est une accumulation d’un composé a appelé 2,8-dihydroxyadenine (2,8-DHA) qui est excrété par les reins. Le 2,8-DHA est très peu soluble dans l’urine, il va donc cristalliser et mener à la formation de calculs rénaux et de blessure du rein.

Une spécificité curieuse : jusqu’à 70 % de personnes affectées ont des cheveux roux ou des parents avec des cheveux roux.

 

Signes et Symptômes

La plupart des personnes atteintes ont plusieurs épisodes de coliques néphrétiques. Les calculs rénaux issues de cette maladie ne sont pas détectés par les rayons X, on dit qu’ils sont radio-transparents. De ce fait ils sont souvent confondus avec les calculs rénaux d’acide urique, de xanthine ou de cystine, qui ont la même caractéristique. Les échographies à ultra son et le scanner sont un meilleur outil pour diagnostiquer une lithiase rénale à base de 2,8-DHA mais non suffisante.

Le diagnostic peut se faire en visualisant les sédiments d’urine en recherchant la 2,8-DHA. La difficulté réside en la rareté de la maladie. Car peu de médecins vont y penser et ne vont probablement pas reconnaître les cristaux de 2,8-DHA s’ils sont présents dans les urines. Le diagnostic peut se faire plus facilement en analysant un calcul rénal.

De façon plus général, il faut toujours analyser le calcul rénal après une colique néphrétique, une bonne prévention commence par la connaissance de la composition du calcul rénal. Sans cette information, on navigue dans le brouillard.

Le déficit en adénine phosphoribosyltransferase (APRT) devrait être vérifié pour chaque personne ayant eu des calculs rénaux. Si vous avez déjà fait analyser vos calculs précédents vous sauriez déjà si vous avez cette maladie. Si vous n’avez jamais fait analyser vos pierres alors cette maladie, même rare, ne doit pas être oubliées.

L’excès de 2,8-DHA favorise également la cristallisation à l’intérieur des reins provoquant une détérioration des fonctions rénales pouvant aller jusqu’à l’insuffisance rénale aiguë. Mais ce cas de figure reste rare. Mais ce qui est dangereux est le fait que les symptômes d’une insuffisance rénale concomitante à cette maladie sont différents d’une insuffisance rénale classique. Ce qui peut retarder le diagnostic. Parmi les symptômes de cette insuffisance : fatigue, perte d’appétit et perte de poids.

Du fait que la maladie soit génétique, un dépistage des frères et sœurs est conseillé.

 

Traitements

Allopurinol est une médication efficace et généralement bien tolérée qui bloque la production de 2,8-DHA et donc, prévient la formation de calcul rénal à base de 2,8-DHA et l’insuffisance rénale. Quelques personnes ne peuvent pas tolérer l’allopurinol en raison de l’allergie ou d’autres effets secondaires. Malheureusement, aucune thérapie médicale alternative n’est actuellement disponible.

Il faut aussi associer à ce traitement une bonne hydratation et une diminution des apports en purines. Voici un article sur les aliments riches en purines.

Pour votre santé,
Stéphane Holistique

 

Sources :

Lithiase de 2,8-dihydroxyadénine : du diagnostic à la prise en charge thérapeutique. https://www.jle.com/fr/revues/abc/e-docs/lithiase_de_2_8_dihydroxyadenine_du_diagnostic_a_la_prise_en_charge_therapeutique_276186/article.phtml?tab=texte

Cartier P, Hamet M, Hamburger J. Une nouvelle maladie métabolique : le déficit complet en adénine phosphoribosyl-transférase avec lithiase de 2,8-dihydroxyadénine. C R Acad Sci III 1974 ; 279 : 883-6.

Simmonds HA, Cameron JS, Barratt TM, Dillon MJ, Meadow SR, Trompeter RS. Purine enzyme defects as a cause of acute renal failure in childhood. Pediatr Nephrol 1989 ; 3 : 433-7.

Glicklich D, Gruber HE, Matas AJ, et al. 2,8-dihydroxyadenine urolithiasis : report of a case first diagnosed after renal transplant. Q J Med 1988 ; 258 : 785-93.

Brown HA. Recurrence of 2,8-dihydroxyadenine tubulointerstitial lesions in a kidney transplant recipient with a primary presentation of chronic renal failure. Nephrol Dial Transplant 1998 ; 13 : 998-1000.

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La maladie de Dent, cause de colique néphrétique

 

La maladie de Dent (Dent’s disease, qui n’a rien à voir avec les dents) est une maladie génétique rare qui touche les reins majoritairement chez les hommes, bien que les femmes puissent aussi avoir des manifestations légères de la maladie. Les problèmes typiques incluent :

  • Calcul rénal et colique néphrétique
  • Fuite de protéines dans l’urine
  • Hauts niveaux de calcium dans l’urine (hypercalciurie) => conduit à des calculs rénaux à base de calcium
  • Calcification des reins (nephrocalcinosis) => facilite la formation des calculs rénaux à base d’oxalate de calcium
  • Insuffisance rénale (CKD)=> est aussi une cause de calculs rénaux
  • Hématurie (petites ou grandes quantités de sang dans l’urine)
  • Faibles niveaux de phosphore dans le sang (hypophosphatemie) => car une fuite de phosphore vers les urines ; ce qui favorise les calculs rénaux de phosphate de calcium

Les manifestations de la maladie varient beaucoup d’une personne à une autre, même au sein de la même famille.

La recherche a identifié deux gènes sur le chromosome X qui peuvent causer la maladie de dent. La maladie de Dent peut être divisée en 2 types : dent 1 et la dent 2.

Dent 1 a une mutation dans le gène appelé CLCN5 et environ 60 % de patients avec la maladie de dent auront cette mutation. Dent 2 a une mutation dans le gène OCRL et environ 15 % de ceux avec la maladie de dent aura cette mutation. Un test génétique à l’aide d’une prise de sang est possible pour identifier lequel des deux variantes un patient a.

 

Signes et symptômes

Les symptômes les plus communs sont liés au passage de calculs rénaux (colique néphrétique), tels que la douleur ou le sang dans l’urine (Hématurie). Certains patients peuvent avoir l’urine mousseuse (une manifestation de l’excès de protéine) et une soif augmentée. Si les patients développent une insuffisance rénale, ils peuvent avoir des signes et des symptômes rattachés à la perte de fonction du rein qui incluent l’anémie, la fatigue, la perte d’appétit et de poids. Si les patients développent une ostéomalacie (faiblesse des os) ils pourraient souffrir de douleur des os.

Parmi les symptômes on peut trouver :

  • Protéine dans les urines
  • Calcifications du rein (nephrocalcinosis)
  • Calcium oxalate et/ou calculs rénaux de phosphate de calcium
  • Niveaux excessifs de calcium dans l’urine
  • Excrétion d’acide aminé urinaire excessive
  • Niveaux réduits d’hormone de parathyroïde dans le sang
  • Niveaux augmentés de vitamine D
  • Difformités d’os (Rachitisme)
  • Retard de stature/croissance courte

Un diagnostic définitif peut être confirmé par une analyse génétique par prise de sang.

 

Traitements

Le traitement de la maladie de Dent vise à réduire les blessures et les traumatismes rénales pour éviter une insuffisance rénale. Il est admis que la calcification du rein et les calculs rénaux sont provoqués par une forte concentration de calcium dans l’urine, le traitement vise typiquement à réduire ce niveau à l’aide d’un diurétique (thiazide) pour augmenter la réabsorption de calcium rénale et ainsi réduire des niveaux de calcium dans l’urine finale. Mais cela comporte quelques effets secondaires tel que l’hypovolémie (déficit du sang) ou une hypokaliémie (déficit de potassium dans le sang). Une supplémentation en vitamine D pour éviter les problèmes d’os et plus spécifiquement le rachitisme pour mener à un excès de calcium dans le sang et les urines ce qui à son tour favorise la calcification des reins et des calculs rénaux. Un régime élevé en citrate peut aider à garder des niveaux de calcification mesuré et retarder le traumatisme rénal.

Une des caractéristiques principales de maladie de Dent est le niveau élevé de protéine dans l’urine, qui est due à un fonctionnement anormal des tubules du rein. Un autre est un dysfonctionnement des glomérules qui filtrent mal le sang et laisse passer de l’albumine (protéine). Des médications sont utilisées pour réduire le niveau d’albumine dans les urines. Cependant aucune étude ne confirme leur efficacité pour réduire la progression de maladie de Dent.

Les personnes atteintes par la maladie de dent ont tendance à avoir soif et avoir une quantité augmentée d’urine. À cause de cela, ils peuvent être particulièrement sensibles à tout ce qui peut provoquer la déshydratation comme la diarrhée, le vomissement et la forte sudation. Les personnes atteintes devraient faire encore plus attention à leur consommation liquide quand ils sont sujets à la déshydratation.

Ils devraient aussi faire attention de limiter l’utilisation des antiinflammatoires non-stéroïde (NSAID) comme ibuprofen, (motrin, advil), naprosyn, indomethacin, sulindac, car ils ont tendance à réduire le flux sanguin rénal quand les personnes deviennent déshydratées.


Pour votre santé,

Stéphane Holistique

 

Sources :

Orphanet Journal of Rare Diseases20105:28 ; https://doi.org/10.1186/1750-1172-5-28

GeneReviews® [Internet]. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK99494/

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