Anti-inflammatoire pour soulager la colique néphrétique

Pourquoi les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont très efficaces pour soulager une colique néphrétique ? C’est parce qu’ils vont traiter la cause de la douleur. Ils ont deux actions qui nous intéresse ici.

Regardons d’abord ce qui se passe lors d’une colique néphrétique.

Le calcul rénal essaie de passer des calices du rein où il s’est formé et où il s’est caché pendant un moment vers la sortie en passant par l’uretère. Si le calcul est trop volumineux par rapport à l’uretère, il sera bloqué et si par malchance le calcul rénal est épineux, il va commencer à blesser le canal de l’uretère.

Le corps réagi toujours de la même manière vis-à-vis d’une blessure, il doit envoyer toutes les unités et troupes disponibles à la rescousse et pour cela il crée une inflammation qui va mobiliser tout le monde. Cet attroupement va générer un gonflement de l’endroit de la blessure. Ici l’uretère va gonfler et rendre impossible la progression du calcul rénal.

Une pierre qui essaie de se frayer un chemin vers la sortie va pouvoir le faire avec quelques dégâts en passant, suivant sa forme (épineuse ou ronde) et suivant son volume. Certaines vont passer facilement d’autres plus difficilement, mais vont passer quand même et d’autres vont rester bloquées nécessitant souvent une intervention médicale. Le gonflement de l’uretère généré par l’inflammation n’aide pas le passage du calcul si jamais il pouvait passer.

C’est là où la magie des anti-inflammatoires non stéroïdiens opèrent. Et je remercie la médecine allopathique pour cela, même si je les critique beaucoup sur plusieurs points, mais dans les cas d’urgence, elle est d’une efficacité remarquable.

Les anti-inflammatoires ont deux actions pour soulager une colique néphrétique.

1 – ils réduisent l’inflammation, et donc diminuent le gonflement pour permettre le passage du calcul rénal dans l’uretère. Ceci est bien entendu conditionné par le volume et la forme de la pierre. Mais il laisse le chemin libre des gonflements lié à l’inflammation. Plus vite le calcul passera et plus vite les douleurs s’estomperont.

2 – les AINS réduisent en plus la sensation de douleur, qui on le sait est atroce à ce niveau de colique néphrétique.

Toutefois les protocoles d’urgence ne sont pas unanimes même si beaucoup de spécialistes plaident pour des AINS en première intention puis passer aux anti-douleurs opioïdes seulement si la douleur ne passe pas avec les AINS.

Pour votre santé,

Stéphane Holistique

Source : Colique néphrétique aux urgences. Etude rétrospective sur la prise en charge de la colique néphrétique aux urgences du Centre Hospitalo-universitaire Avicenne. Dr Frederic ENJAUME, Dr Jean-François Pagenel

 
 
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Coliques néphrétiques et calculs rénaux

Les calculs rénaux sont des masses solides, en forme de caillou qui se développent dans les voies urinaires à partir de sels de minéraux et d’autres composants qui se sont agglomérés dans l’urine. Le processus, appelé lithiase urinaire, peut survenir soit par un petit calcul qui sera facilement évacué pendant la miction ou une plus grosse pierre qui peut bloquer l’uretère (canal qui relie les reins à la vessie) provocant une colique néphrétique.

Symptômes d’une colique néphrétique

Quand un blocage se produit, une personne peut ressentir une douleur souvent atroce rayonnant du dos et des côtes vers l’aine et les régions génitales. En plus de cette douleur, il y a plusieurs autres symptômes communs qui incluent :

  • L’urgence urinaire (le sentiment que vous avez besoin d’uriner constamment)
  • Sensation de brûlure intense à la miction, quand vous essayez d’uriner
  • Fièvre et frissons
  • Sang dans les urines
  • Nausée et vomissement
  • L’urine trouble ou l’urine qui sent mauvais
  • Perte d’appétit
  • Sudation
  • Agitation

Facteurs de risque des calculs rénaux

La plupart des calculs rénaux se forment à la fois en raison de facteurs génétiques et environnementaux. Les hommes sont plus enclins aux calculs rénaux que les femmes, tout comme les personnes de 30 à 60 ans. Les autres facteurs de risque comprennent :

  • Taux de calcium urinaire élevé (hypercalciurie)
  • Déshydratation ou ne pas boire assez de boissons
  • Antécédents familiaux de calculs rénaux
  • Obésité
  • Les régimes qui sont riches en protéines animales
  • Faible teneur en magnésium alimentaire
  • Apport élevé en sodium
  • Boire de l’eau fluoré (la limite officielle est de 1.5mg/l)
  • Prendre des compléments de calcium, de vitamine C ou de vitamine D excessifs
  • Activité parathyroïde excessive
  • La Goutte

Les calculs rénaux sont également plus fréquents dans les régions chauds et secs.

Les types de calculs rénaux

Il existe plusieurs types de calculs rénaux, dont chacun est lié à diverses causes biologiques, environnementaux, génétiques et alimentaires.

Les calculs rénaux de Calcium sont le type le plus commun. Ils sont fréquemment observés chez les femmes ménopausées qui prennent un apport excessif en calcium (supérieur à 1000 mg) et en vitamine D.

Les calculs d’acide urique se produisent chez les personnes présentant une acidité urinaire élevée (comme cela peut arriver avec la goutte).

Les calculs de Struvite ont tendance à se développer à la suite d’une infection.

Les calculs de Cystine sont rares et sont purement dû à une maladie génétique.

Traitements de la colique néphrétique

Il y a plusieurs écoles concernant le traitement des calculs rénaux. Souvent, les décisions sont basées sur la taille et l’emplacement de la pierre. La formation spécialisée et l’expérience vont également orienter l’urologue vers la solution qui lui paraît la plus appropriée suivant le cas présenté.

Le traitement conservateur est le plus souvent indiqué chez les personnes avec des pierres plus petites. Le médecin vous conseillera de boire beaucoup d’eau tout en vous fournissant des analgésiques pour aider à tolérer la douleur. Vous pouvez également être invité à avoir une passoire sous le flux urinaire pour attraper la pierre quand elle passera de sorte qu’elle puisse être analysée par un laboratoire. Cela peut aider à déterminer quels aliments ou facteurs ont conduit à la formation de la pierre.

Pour les calculs plus gros, une approche plus agressive peut être nécessaire, y compris les suivantes :

Lithotripsie Extracorporelle par onde de choc (LEC) est une technique qui utilise une machine spécialisée pour briser une pierre de l’extérieur de votre corps, vous permettant de passer la pierre ou les débris de la pierre plus facilement.

La néphrolithotomie percutanée implique l’insertion d’un tube à travers une petite incision pour aider à drainer le rein.

L’urétéroscopie où un petit instrument en forme de tube équipé d’une caméra, est inséré dans l’urètre (l’ouverture à travers laquelle l’urine est expulsée du corps) pour extraire manuellement la pierre ou la casser en petits morceaux.

Conclusion

Il existe différents types de calculs rénaux qui pourraient être le résultat de divers facteurs environnementaux, génétique, alimentaire et d’hygiène de vie. Si vous éprouvez une douleur rayonnante dans le dos, les côtés ou la région pelvienne, il est important de consulter immédiatement un médecin. Vous pouvez avoir un calcul rénal ou un autre problème non diagnostiqué. Si vous savez que vous êtes à risque de développer des calculs rénaux, faire des changements sains dans votre alimentation et hygiène de vie pourrait aider à prévenir les récidives.

Pour votre santé,

Stéphane Holistique

Recherches utilisés pour trouver cet article : densité cristaux colique néphrétique,calcul d\acide urique
 
 
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Alpha-bloquant pour soulager la colique néphrétique

 Un apha-bloquant (antagonistes sélectifs des récepteurs alpha 1A) comme le Tamsulosine (Josir®, Omix®) fait partie intégrante depuis de nombreuse années du traitement médical d’expulsion des calculs rénaux lors des coliques néphrétiques douloureuses (MET : medical expulsion therapy).

Il est habituellement donné aux patients ayant une colique néphrétique pour faciliter le passage des pierres bloqués dans l’uretère. Le médicament relâche les muscles lisses de l’uretère et devrait faire passer un calcul rénal plus facilement vers la vessie et donc soulager le patient de sa crise de colique néphrétique et estomper les douleurs.

Seulement voilà, une nouvelle étude (à contre courant de beaucoup d’autres, voir 2ème paragraphe) montre que le médicament serait inefficace, selon un essai clinique randomisé de la JAMA Internal Medicine [1].

L’étude de 2018 en deux phases a inclus 512 adultes venu aux urgences pour une colique néphrétique avec des calculs bloqués dans l’urètre. Tous les patients avaient un calcul bloqué mesurant moins de 9 mm de diamètre. Les trois quarts des patients étaient des hommes et l’âge moyen était de 40.6 ans.

Les patients ont été assignés à 28 jours de traitement de la colique néphrétique avec du tamsulosine, 0.4 mg, ou le placebo. Le résultat principal attendu était le passage du calcul pendant ces 28 jours, déterminés par la visualisation du patient ou la capture de la pierre.

Parmi les 497 patients évalués, il n’y avait aucune différence significative dans les taux de passage des calculs : 50 % avec tamsulosine et 47 % avec le placebo. Les deux groupes étaient aussi semblables du point de vue des résultats secondaires, en incluant le temps au passage du calcul, le nombre d’hospitalisation, la chirurgie ou les consultations répétés.

L’analyse exploratrice n’a montré aucun avantage de tamsulosin dans les sous-groupes de patients selon l’endroit du blocage du calcul rénal et la taille de la pierre.

Tamsulosin est largement utilisé dans le traitement de la colique néphrétique pour les patients venu consulter aux urgences. Certaines études suggèrent que ce traitement est efficace principalement pour de plus grandes pierres, arguant que le taux élevé de passage spontané pour de plus petites pierres aurait biaiser l’étude.

Cet essai clinique randomisé conclue qu’aucune augmentation du taux de passage des calculs rénaux avec le tamsulosin prescrit aux patients aux urgences avec un calcul urétéral symptomatiques plus petit que 9 mm. Les chercheurs concluent :

Bien que le tamsulosine puisse jouer toujours un rôle dans la thérapie expulsée médicale pour de plus grandes pierres, les directives qui recommandent le tamsulosine pour les pierres urétéraux aurait besoin d’être révisées.

Surtout que le médicament, comme pour d’autres, n’est pas dépourvu d’effets secondaires : étourdissements, maux de têtes, palpitations, hypotension orthostatique, nez bouché et écoulement nasal, diarrhées, nausées et vomissements, constipations, asthénie, éruptions et prurit, trouble de l’éjaculation.

Le tamsulosine peut parfois donner des hypotensions sévères, nécessitant une hospitalisation. Faites attention si vous prenez un traitement anti-hypertension.

Les alpha-bloquants efficaces pour soulager une colique néphrétique

Par ailleurs, dans beaucoup d’autres études, les alpha-bloquants sont sortis victorieux après une colique néphrétique.

Dans une étude de 100 patients avec des calculs rénaux de moins de 10 mm bloqués dans l’uretère, 82% du groupe qui a pris un alpha-bloquant ont évacué leur calcul rénal en moins de 4 semaines contre 61% pour le groupe placebo [2].

Dans une autre étude sur 150 patients avec des pierres de 4-10 mm dans l’uretère, le tamsulosine a accéléré le passage des calculs tout en diminuant le recours aux antidouleurs [3].

Une étude bibliographique, qui regarde les études faites à ce sujet a conclu : « Malgré tous ses avantages, MET (medical expulsion therapy) n’est que rarement utilisé. Il y a bien un échec de translation des soins de la théorie à la pratique au milieu hospitalier. Notre étude relève la problématique de la qualité des soins des patients qui pourrait soulager leur colique néphrétique sans antidouleur et sans chirurgie » [4].

Une autre remarque de cette étude est que le tamsulosine et nifedipine avait un taux de succès identique mais uniquement pour les pierres au dessus de 5 mm. Tous les calculs de moins 4 ou 5 mm passait spontanément avec ou sans médicament [4].

Trois autres études poursuivent le même schéma : les alpha-bloquants augmentent l’expulsion et diminuent le temps d’attente avant expulsion. [5,6,7]

Enfin une recherche portant sur 32 études comprenant 5864 participants a trouvé qu’en utilisant des alpha-bloquants, les patients ayant des calculs bloqués dans l’uretère évacuaient plus vite leur calcul avec moins d’épisodes douloureux, moins d’antidouleur et d’hospitalisation. Pour conclure que les alpha-bloquants devraient faire partie intégrante du traitement médical d’expulsion des calculs rénaux lors des coliques néphrétiques douloureuses (MET : medical expulsion therapy) [8].

NB : les alpha-bloquants sont utilisés pour faciliter le passage d’un calcul bloqué dans l’uretère lors d’une colique nephretique. Ils seront inefficaces pour évacuer un calcul résidant dans les calices du rein. Ils ne provoquent pas une sortie, ils la facilitent.

 

Pour votre santé, 
Stéphane Holistique

 

Sources : 
[1] Meltzer AC, et al. Effect of Tamsulosin on Passage of Symptomatic Ureteral Stones: A randomized clinical trial. JAMA Intern Med 2018; 178: 1051–1057

[2] Efficacy of tamsulosin in the management of lower ureteral stones: a randomized double-blind placebo-controlled study of 100 patients. 

[3] Tamsulosin to treat uncomplicated distal ureteral calculi: a double blind randomized placebo-controlled trial

[4] Management of ureteral calculi and medical expulsive therapy in emergency departments

[5] A systematic review of medical therapy to facilitate passage of ureteral calculi

[6] Pharmacologic expulsive treatment of ureteral calculi

[7] Medical therapy to facilitate the passage of stones: what is the evidence?

[8] Alpha-blockers as medical expulsive therapy for ureteral stones

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